Samedi 8 mars 2008
à partir de 11h00
Entrée libre et gratuite
Cycle de conférences
Plusieurs mois après l’affaire du baiser sur la toile blanche de Cy Twombly, la Collection Lambert souhaite ouvrir un débat sur l’enjeu esthétique et artistique de la création et de la réception de l’art contemporain.
Il aura fallu du temps pour que l’emballement médiatique fasse place à la sérénité indispensable à toute réflexion critique sérieuse. Et c’est dans un contexte apaisé, exempt d’affects et de jugements de valeurs, que la Collection Lambert proposera, le 8 mars prochain, en écho à la série de tableaux dont faisait partie la toile du cycle de Phèdre qui a été maculé, un Symposium.
Avec ce Symposium, la Collection Lambert souhaite proposer le premier acte d’une réflexion qui devrait se prolonger dans l’avenir. Le baiser en question interroge l’espace public, et précisément la notion de spectateur. Quel est aujourd’hui le rôle du spectateur face à des productions artistiques souvent qualifiées d’hermétiques ou de spectacularisantes ? Comment définir son acte propre sans ouvrir la voie au délire et au déluge de marques ou d’interventions individuelles ?
Symposium prend le parti de défendre l’idée qu’agir c’est d’abord penser. Et c’est à partir de la notion d’acte esthétique que le rôle et l’implication du spectateur dans l’art seront interrogés. À l’ère de la « société du spectacle », le spectateur soulève aussi la question de l’impact de la culture et de sa médiatisation. Ainsi l’acte du baiser a-t-il été d’abord perçu comme un acte « d’amour », sans considération pour son caractère notoire de vandalisme, en tout point semblable à une lacération ou un coup de marteau. Beaucoup d’interventions et de discours ont ainsi immédiatement et exclusivement focalisé l’attention sur le contenu symbolique du « baiser » plutôt que sur le statut et le destin d’une œuvre d’art et les droits de l’artiste qui en était l’auteur.
Symposium prend le parti d’écouter et d’interroger la médiatisation d’un acte hors du commun et hors-la-loi sans omettre ce qui, dans les médias, en a été ignoré ou passé sous silence.
Plus largement, Symposium s’interrogera sur ce que signifie restaurer une œuvre moderne ou contemporaine et quels sont les effets du vandalisme ? La question est cruciale : on a pu entendre que la toile de Cy Twombly était apprêtée industriellement et qu’il suffisait de la ré-apprêter sans se poser davantage la question de sa nature, alors même qu’elle était la seule du cycle non peinte par l’artiste. Que deviendrait alors son statut de début du cycle, de symbole originel des trois dialogues, de la pureté de son contenu, etc…?
Programme
11h00 : introduction par Éric Mézil (directeur de la Collection Lambert et Corinne Rondeau (Maître de conférence à l'Université de Nîmes. Critique d'art à France Culture)
11h30 : Carole Husson (restauratrice des Musées Nationaux)
12h00 : Marie Muracciole (Responsable du service culturel du jeu de Paume, critique d'art)
14h00 : Baldine Saint Girons (Professeur de Philosophie à l’Université de Paris-Ouest, commissaire d’exposition et critique d’art)
14h45 : Corinne de Thoury(Historienne d’art)
15h30 : Céline Flécheux (Professeur de Philosophie à l’école nationale supérieure des Beaux-Arts de Nancy)