L'HÔTEL PARTICULIER

En plein coeur d’Avignon, l’hôtel de Caumont, 5 rue violette, qui abrite désormais la Collection Lambert, a été construit au milieu du XVIIIe siècle par les frères Franque, architectes rivaux de Mignard. Ils avaient déjà dessiné les plans du musée Calvet dont on peut noter bon nombre de rappels dans l’entrée ou la grande galerie. Après la Révolution française, l’hôtel particulier a été tour à tour transformé en Ecole normale de garçons au XIXe siècle, en caserne, puis dans les années 70, en université de Lettres. La façade et la cour sont inscrites sur l’inventaire des Monuments historiques.

Le portail, la façade de l’hôtel particulier et la cour ombragée de platanes sont demeurés intacts alors qu’à l’intérieur, seul le hall d’entrée avec son beau dallage et sa rampe d’escalier de belle facture provençale a échappé à la destruction massive opérée lors des différentes affectations du lieu. La mission de réaménagement a simplement consisté à restituer les volumes du départ et la déambulation initiale : l’enfilade lumineuse des 6 salons du rez-de-chaussée a été retrouvée, les anciennes écuries sont devenues la belle salle aux arcades et la proportion de la grande galerie a repris toute sa superbe avec ses 37 mètres de long et ses grandes portes-fenêtres côté sud. Les combles jamais ouvert au public auparavant ont été associés au parcours muséographique.
Des commandes à des artistes de renommée internationale ont été réalisées spécialement.Ces oeuvres dialoguent avec l’architecture et la lumière provençale.
Lawrence Weiner a repris la tradition latine puis anglo-saxonne consistant à souligner les encorbellements de la façade en y inscrivant une maxime « Down and Out ». Dans l’entrée, Jenny Holzer a magnifié la hauteur sous plafond de l’entrée en créant une diode lumineuse de plus de 9,5 mètres de haut. Un plafond délicat a été peint par la jeune coréenne Koo Jeong-a. Niele Toroni a choisi des interventions qui soulignent des éléments architecturaux, Giulio Paolini a dessiné le sas d’entrée comme une invitation à pénétrer dans une collection ancienne, Robert Barry a investi un ancien escalier de secours devenu oeuvre d’art. Enfin, Claude Lévêque a transformé les combles en géographie dantesque : la vision d’un volcan au début de son éruption est offerte aux visiteurs.